dimanche 19 juillet 2026 à 21:00

Concert pour deux pianos

Manoir de la Possonnière

plein tarif : 19€

tarif réduit : 15€

Réserver
Concert pour deux pianos

Artistes

Sebastian Éné

Sebastian Éné

Jacques Dor

Jacques Dor

Programme

MOZART - Sonate pour deux pianos en ré majeur, KV 448/375a (1781)

  • Allegro con spirito
  • Andante
  • Molto allegro

CHOPIN (piano solo)

  • Marche funèbre, op 72 no 2, en ut mineur
  • Fantaisie-impromptu, op.66 en ut# mineur

LIPATTI - Suite pour deux pianos (1938 - Inédit)

  • 1 - Allegro
  • 2 - Allegro

LIPATTI - Trois Danses roumaines pour deux pianos (1943)

  • 1 - Vif
  • 2 - Andantino
  • 3 - Allegro vivace

DEBUSSY - Lindaraja, pour deux pianos (1901)

La Sonate pour deux pianos en ré majeur KV 448 de Mozart ouvre la soirée avec un éclat irrésistible. Composée à Vienne en 1781 pour deux pianistes virtuoses, cette œuvre n’a rien d’un exercice de salon : Mozart y traite les deux instruments comme de véritables partenaires, tour à tour complices, rivaux ou réunis dans une même impulsion. Dès les accords affirmés du premier mouvement, l’écriture fait jaillir une énergie lumineuse, bientôt relayée par des thèmes plus souples et chantants qui semblent passer d’un piano à l’autre avec une parfaite naturel.

L’Andante central apporte un contraste plus intime. Dans cette musique d’une grande simplicité apparente, un piano semble souvent faire chanter une ligne presque vocale, tandis que l’autre l’entoure d’un accompagnement délicat. Le finale, Molto allegro, retrouve toute la vivacité et l’esprit du premier mouvement : les traits se croisent, les réponses fusent, les deux claviers se lancent dans une conversation jubilatoire où l’élégance ne cède jamais à la démonstration.

Les pages de Chopin introduisent ensuite une autre forme de théâtre, plus intérieur et plus contrasté. La Marche funèbre op. 72 n°2, œuvre de jeunesse publiée après la mort du compositeur, ne doit pas être confondue avec la célèbre marche de la Sonate n°2. Plus concise, plus dépouillée aussi, elle fait entendre une gravité déjà très personnelle : derrière le rythme solennel, le chant laisse affleurer une émotion retenue, presque fragile.

La Fantaisie-Impromptu op. 66 fait basculer aussitôt dans un tout autre univers. Son flot de notes précipitées, son agitation brillante et ses élans passionnés semblent emporter l’auditeur dans un mouvement perpétuel. Mais au cœur de cette effervescence surgit une mélodie d’une limpidité saisissante : un moment de chant suspendu, dont la douceur rend le retour de la virtuosité finale encore plus fulgurant.

Le centre du programme est consacré à Dinu Lipatti, figure légendaire du piano du XXᵉ siècle, dont la carrière, interrompue par une mort prématurée à trente-trois ans, a longtemps éclipsé l’activité de compositeur. Pourtant, ses œuvres révèlent une personnalité originale, nourrie à la fois de culture française, de néoclassicisme et de traditions roumaines. La Suite pour deux pianos, achevée à Paris en 1938, fut créée dans un cadre privé le 17 janvier 1939 par Clara Haskil et Dinu Lipatti lui-même — deux artistes dont la complicité musicale reste mythique. Dans ses deux mouvements rapides, la Suite déploie une écriture nerveuse, claire et incisive, où l’on entend autant le goût de la construction que le plaisir très physique du jeu à deux claviers.

Les Trois Danses roumaines, composées à Fundățeanca en 1943, prolongent ce portrait sous un jour plus directement rythmique. Leur succession de caractères — vif, plus retenu, puis très animé — fait entendre une musique qui ne cherche pas à reproduire littéralement le folklore, mais en transforme l’énergie, les accentuations et les couleurs dans une écriture de concert pleine d’élan.

Enfin, Lindaraja de Debussy apporte une touche de mystère et de sensualité. Écrite en 1901, cette brève pièce est la première œuvre que Debussy conçut expressément pour deux pianos. Son titre renvoie à l’Alhambra de Grenade, et la musique en suggère moins une description qu’un mirage : rythmes souples, harmonies chatoyantes, parfums d’Espagne rêvée. Debussy ne s’était alors jamais rendu durablement en Espagne ; cette évocation est donc avant tout celle d’un imaginaire, d’un ailleurs recomposé par la couleur et le son.

Pour conclure le festival, ce programme fait ainsi dialoguer quatre visions du piano : la clarté souveraine de Mozart, la passion de Chopin, la voix trop rarement entendue de Lipatti et les sortilèges de Debussy. Sous les doigts de deux interprètes réunis pour cette soirée finale — parmi lesquels Jacques Dor, directeur artistique et artisan fidèle de cette aventure musicale locale — il célèbre aussi ce que le festival fait naître chaque été : un espace de partage, de découverte et de joie musicale.

Manoir de la Possonnière

La Possonnière

41800 Vallée-de-Ronsard

GPS

Prix des places

Réserver votre place

Plein tarif

Tarif standard

19€

Tarif réduit

Étudiants et moins de 18 ans

15€

Tarif bienfaiteur

Soutien au festival

24€

et plus

Forfaits

Forfait
3 Concerts

51€57€

soit 17€ par concert

Forfait
4 Concerts

64€74€

soit 16€ par concert

Forfait
Illimité

120€171€

soit 15€ par concert